Philippe Hersant : Compositeur
"...et
rendus amoureux par le son des trombones..."
(Arthur Rimbaud- A la musique)
Sur l'affiche d'un concert, la présence d'un quatuor de trombones doit laisser certains mélomanes bien perplexes : le même instrument en quatre exemplaires, n'est-ce pas monotone ? Et puis y a t'il un répertoire intéressant pour une formation si peu habituelle ? Ces mélomanes perplexes seront peut-être tout surpris d'apprendre que Beethoven lui même si est intéressé et qu'il a enrichi ce répertoire de trois petites pièces de circonstance; Monteverdi, bien avant lui, avait confié à cinq trombones une page magnifique, dans la scène des Enfers de son Orfeo...
C'est que cet instrument est bien mal connu ! On ne se doute pas de la très grande variété de nuances et de couleurs qu'il sait offrir. Son registre est fort étendu; son timbre peut être sombre ou éclatant; il est tout aussi à l'aise dans la déploration funèbre que dans l'imprécation; on peut tirer de lui des effets terrifiants - ou franchement comiques. Et c'est ainsi qu'il a su séduire aussi bien Wagner que les musiciens de Jazz...
J'ajouterai que, dans la force comme dans la douceur, se dégagent du son du trombone une impression de grande plénitude et une énergie qui m'a toujours semblé très communicative.
Philippe Hersant
(Arthur Rimbaud- A la musique)
Sur l'affiche d'un concert, la présence d'un quatuor de trombones doit laisser certains mélomanes bien perplexes : le même instrument en quatre exemplaires, n'est-ce pas monotone ? Et puis y a t'il un répertoire intéressant pour une formation si peu habituelle ? Ces mélomanes perplexes seront peut-être tout surpris d'apprendre que Beethoven lui même si est intéressé et qu'il a enrichi ce répertoire de trois petites pièces de circonstance; Monteverdi, bien avant lui, avait confié à cinq trombones une page magnifique, dans la scène des Enfers de son Orfeo...
C'est que cet instrument est bien mal connu ! On ne se doute pas de la très grande variété de nuances et de couleurs qu'il sait offrir. Son registre est fort étendu; son timbre peut être sombre ou éclatant; il est tout aussi à l'aise dans la déploration funèbre que dans l'imprécation; on peut tirer de lui des effets terrifiants - ou franchement comiques. Et c'est ainsi qu'il a su séduire aussi bien Wagner que les musiciens de Jazz...
J'ajouterai que, dans la force comme dans la douceur, se dégagent du son du trombone une impression de grande plénitude et une énergie qui m'a toujours semblé très communicative.
Philippe Hersant
Hector Berlioz
Le
trombone est, à mon sens, le véritable chef de cette
race d’instruments à vents que j’ai qualifiée
d’épique. Il possède en effet au suprême degré la
noblesse et la grandeur, il a tous les accents graves
ou forts de la haute poésie musicale depuis l’accent
religieux, imposant et calme , jusqu’aux clameurs
forcenées de l’orgie. Il dépend du compositeur de le
faire tour à tour chanter comme un cœur de prêtres,
menacer, gémir sourdement, murmurer un glas funèbre,
entonner un hymne de gloire, éclater en horribles
cris…
H.Berlioz :
Traité d’instrumentation et d’orchestration Paris
1855